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338 Scrinium IV (2008). Patrologia Pacifica premire partie de lpigramme est une citation, le reste reprsente un dveloppement exgtique de lextrait.Enfin, la dernire pigramme semble rsumer tous les gnomes de ce groupe. Aprs avoir examin les cas o un bien apparent (relations avec les gens, sant) est pire que son contraire (solitude, maladie ou infirmit, silence), Cassia dit que le meilleur est une belle proportion . M. Lauxtermann pense que ce e pigramme appartient la tradition sopique ;22 mais je pense que ce e question est discutable, en juger par le contexte qui est pour ce groupe dpigrammes plutt philosophique. La notion de proportion,, est une des notions fondamentales dans la philosophie grecque antique : Platon dit que cest dans la mesure et la proportion que se trouvent partout la beaut et la vertu ;23 Aristote dveloppe ce sujet en dtail dans son thique de Nicomaque (Livre II), mais il emploie la notion de moyenne, ou : la vertu est la juste moyenne entre deux extrmits fcheuses, lune par excs, lautre par dfaut .24 Les notions de et de sont passes dans lasctique chrtienne ;

par exemple, S. Isidore de Pluse dans une le re dit : ... le sommet de la beaut de lme est la proportion des vertus. Car les extrmits tombent en vice, comme certains des sages ont dmontr... Cest pourquoi ils ont dfini la vertu comme la moyenne .25 On trouve aussi un passage parallle au groupe dpigrammes en question dans le Time de Platon : Par rapport la sant et la maladie, la vertu et au vice, il ny a rien de plus important que la proportion ou la disproportion entre lme comme telle et le corps comme tel (21) Cf. Maltese, Una contemporanea di Fozio, Cassia, 76.

(22) Lauxtermann, The Byzantine Epigram, 118119.

(23) Platon, Philbe (Burnet, Platonis Opera..., vol. 2, 64e.67) :

; je donne la traduction franaise du prof. E. Chambry :

h p://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/philebefr.htm.

(24) I. Bywater, Aristotelis ethica Nicomachea (Oxford, 1894 ; repr. 1962) 1107a.23 :, ; trad. fr. de J. Voil uin :

h p://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/nicom2.htm#V.

(25) Livre III, le re 131, lvque Lamptios (PG 78, 832AB) :,.,....

Kassia Senina,.Ces allusions possibles sur Platon dans luvre de Cassia nous amnent une question fort intressante. P. Lemerle suppose que Lon le Mathmaticien et Photius avaient chacun son cercle dlveset que Constantin le Sicilien qui a a aqu Lon pour son a achement la science hellnique est lauteur de lpigramme sur sa conversion par Photius.28 Il remarque que Photius montrait beaucoup plus de rserve envers les auteurs profanes que Lon,29 un vritable homme de la Renaissance 30 dont un des surnoms tait mme Hellne,31 alors que Photius, malgr son vif intrt pour toutes les sciences, se prsente en premier lieu comme lhomme de foi qui lemporte en lui... et lhomme dglise .32 Sil en est ainsi, on peut supposer que le cercle de Lon tait plus hellnique et, pour ainsi dire, plus libral que celui de Photius.33 en juger par les vers de Cassia o elle montre de lintrt pour Platon, comme on vient de voir, et ne se montre pas svre la li rature antique,34 la potesse byzantine tait lie plus troitement (26) Burnet, Platonis Opera..., vol. 4, 87d.13.

(27) Lemerle, Le Premier humanisme byzantin..., 164165.

(28) Ibid., 172173, et n. 95.

(29) Cela se voit dans la itude de lun et de lautre envers le roman dAchille Tatios (cf. ci-dessus, n. 16) ; Photius se montre svre envers Platon avec sa thorie des Ides et plus favorable Aristote, mais partout la science sacre est exalte, la science profane rabaisse, et parfois en termes plus brutaux que nous ne la endrions (Lemerle, Le Premier humanisme byzantin..., 201202). Lon, au contraire, a entrepris la diorthsis du texte de Platon (cf.

ibid., 167169) et nous a laiss une pigramme sur lui-mme pleine dallusions sur la li rature antique (cf. ibid., 175176).

(30) Ibid., 148.

(31) Ibid., 175.

(32) Ibid., 202.

(33) Il reste savoir si la le re de Photius concernant une tournure plonastique employe dans lcriture (= n 106 des Amphilochia), svre au destinataire coupable davoir critiqu la langue des critures (donc un libral ), est adresse Lon le Mathmaticien ; cf. ibid., 168, n. 72.

(34) Ses pigrammes-paraphrases sur le roman dAchille Tatios suggrent quelle ne trouvait pas ce livre trop indcent , la diffrence de Photius, mais la trait avec certain humour. Est-ce encore la itude un peu librale dans son pigramme-paraphrase de 1 Ezras 3 : 12.. Cf. Maltese, Una contemporanea di Fozio, Cassia, 79, qui remarque que ayant la valeur absolue chez Ezras se transforme en chez Cassia.

340 Scrinium IV (2008). Patrologia Pacifica avec le cercle de Lon. Bien entendu, ni Cassia ni Lon ntaient des libraux dglise dans le sens moderne,35 mais ils taient apparemment plus hellnistes que beaucoup de leurs contemporains.

Dans ce contexte, on pourrait considrer dun autre point de vue les vers de Cassia contenant des accusations passionnes des sots.

Ce qui semble tre une a aque contre la folie () au sens biblique,36 contre lempereur Thophile37 ou mme contre Michel III,38 pouvait tre raction dune nouvelle Hypatie aux fanatiques tels comme Constantin le Sicilien qui envoyait Lon le Mathmaticien dans lHads, avec sa science et son impit, retrouver Chrysippe et Socrate, Proklos et Platon, Aristote et picure, et ses chers amis les Euclide et les en compagnie dHomre, Hsiode et Aratos :

les philosophes, les savants, les potes de la Grce .(35) Cela se voit clairement dans les uvres hymnographiques de Cassia et dans la seule homlie conserve de Lon o il se montre un pieux chrtien et de plus un excellent connaisseur de S. Grgoire le Thologien (cf. plus haut ma notice : Le Philosophe et le Thologien : propos de lhomlie de Lon le Mathmaticien sur lAnnonciation).

(36) Lauxtermann, The Byzantine Epigram, 126.

(37) Comme pense Lipic (, ..., 321) ; jai dj montr ailleurs pourquoi ce e hypothse doit tre carte : , , 268 et n. 119.

(38) Comme suppose A. Silvas (Silvas, Kassia the Nun...). La stupidit et l ivrognerie de Michel ont t assurment exagres par les chronistes (cf. H. Gr goire, tudes sur le neuvime sicle, Byzantion 8 (1933) 531538 ;

R. Jenkins, Constantine VIIs Portrait of Michael III, dans : idem, Studies on Byzantine History of the 9th and 10th Centuries (London, 1970) (Variorum Reprints) 7177 ; . . , - ( III), dans : (, 1989) 5664), cependent mme chez le Continuateur de Thophane Michel, en proposant de proclamer empereur Basilikin au lieu de Basil rcite les vers, probablement de sa propre rdaction et limpromptu (Theophanes Continuatus, dans : I. Bekker, Theophanes Continuatus, Ioannes Cameniata, Symeon Magister, Georgius Monachus (Bonnae, 1838) (CSHB) 208.1020), et cet pisode peut dj ter crdit la version sur lempereur qui a perdu lesprit .

(39) Lemerle, Le Premier humanisme byzantin..., 173.

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